samedi 15 août 2015
lundi 10 août 2015
Crhonique d'humour du 10 août 2015
Impôt
Lambert et Prime de risque
Je
voudrais vous parler des impôts. Ceux qui devraient réparer nos
routes, construire nos hôpitaux publics et nous prémunir d'un
désastre à la grecque, si seulement la moitié de ceux qui les
doivent les acquittaient entièrement et si l'autre moitié ne rêvait
pas de s'y soustraire au plus vite (2017) grâce aux libéraux libérateurs.
C'est
curieusement foutu les choses, tout de même ! Moi qui ai bossé
sans tricher d'un centime, ni d'ailleurs d'une seconde, cela fait six
ans que je rêve d'en payer, des impôts. Mais tenir un restaurant
pour faire à manger, c'est à dire sans faire de marges crapuleuses
qui vous font transformer un morceau de gite allemand en un
tournedos d'aubrac et sans faire passer une partie de vos gains par
la caisse enregistreuse, vivre honnêtement de sa passion et du
bonheur que l'on procure, c'est impossible.
Donc,
tandis que six millions de français luttent encore pour ne pas
trouver d'emplois pourris et qu'une bonne partie d'entre-eux ne peut
vivre du RSA, nous avons entre quinze et vingt millions de nos
compatriotes qui râlent de ne pouvoir changer leur « das
auto » tous les ans ; dans l'impossibilité même de
partir en vacances au printemps, alors qu'ils doivent se contenter
des télésièges en hiver et des cocotiers en été ; qui sait
même si, à force de matraquage, ils ne devront pas limiter leur contingent de Dior, Breitling,
BMW, Vuitton et Versace. Sans compter d'éventuelles restrictions
sur les champagne et petits fours. Vous savez, un peu comme si ces
millions de français avait deux trous du cul ! L'un pour emmerder
l'autre. Mais sans doute les ont ils ! En tout cas, ils y
ressemblent...
Non
seulement les riches – j'entends par riches ceux qui palpent leur
3, 4, 5 000 euros par tête de pipe, sans avoir à descendre à la mine et qui ne
prennent jamais une goutte d'eau sur la clusque si ce n'est pour
rejoindre leur audi -et ses quatre zéros-, non seulement ils ne
veulent pas payer d'impôts, mais il ne détestent nullement l'idée
de taxer les manants d'une bonne vieille petite dîme, d'une légère
gabelle.
Tous
ces types, chez les républicains d'abord qui vomissent le fisc et
trichent avec l'humanité sans même s'en rendre compte, tant leur
cerveau est vérolé, me font honte et je les renierais dans leur
globalité, si certains d'entre-eux ne m'étaient pas tellement
proches.
C'est
pour cela que les "miens", Mélenchon et quelques Verts -toujours dans cette
position erratique qui n'a rien à voir avec celle du missionnaire-,
me font profondément chier. Car ils ont beau aboyer contre ces
moyenne et haute bourgeoisies qui empoisonnent notre société, ces prédateurs et ces gagne-petits avides mais intellectuellement arides, ils
ne sont ni en état, ni en perspective de les empêcher de se
reproduire et de détruire toutes les valeurs de NOTRE république.
Alors,
certes la "gauche" de Hollande et Fabius a tendance à rajouter une
fine couche de caviar sur sa tartine de beurre, certes elle nous en
badigeonne parfois l'orifice -de beurre-, mais elle est là et nous
protège encore de tous ces obsédés du pognon-roi, ces poujadistes
décomplexés, qui ne vivent et ne se pignolent que pour leurs
sacro-saintes bourses. De toutes ces obscénités par trop banalisées.
Parfois
nos impôts ont une curieuse destination tout de même. Je pense à
ce
pauvre Vincent Lambert, qui végète depuis 2008, alimenté par
l'amour excessif d'une mère qui attend le réveil du mort-vivant
comme elle croit dur comme fer au retour de Jésus, à l'utilité des
croisades, aux bienfaits de l'Inquisition et à l'écartèlement de
tous ceux qui avortent et forniquent. De ce côté-là, il est
vrai... son Vincent est exemplaire. Parfois j'aimerais croire qu'elle
ne milite pour le supplice silencieux de son gamin que dans le seul
but d'obtenir une demi-part d'abattement fiscal ! En attendant,
l'hospitalisation du comateux dépassé, c'est quand même pour notre
pomme !
Je
pense encore à la gonzesse, là, partie au Yémen, non pour faire le
Djihad mais du pognon. Toute seule comme une grande en ondulant
tranquillement des reins au milieu des fanatiques s'arrachant les
yeux en découvrant la bombe blonde bretonne. La France et la plupart
des européens n'avaient même plus de représentation diplomatique à
Sanaa. Mais elle, pardi, était au dessus de tout ça : elle était
dans la banque ... Soi-disant humanitaire !!!! Du coup, c'est
nous qui avons banqué pour libérer la pauvre petite victime.
Si
elle s'ennuie, le prochain coup, elle pourra toujours aller vendre
des bikinis en Syrie. Si c'est pour faire du fric -et pas de la
solidarité- il est probable que pour une fois, les bons français
accepteront une petite hausse de leur ISF pour payer sa prochaine
rançon !
Jaco
dimanche 26 juillet 2015
Chronique du 27 juillet 2015
Effet
bœuf et vache sacrée
C'est
qu'il nous emmerde à se tromper sans cesse de cible. Je suis
d'accord, y en a des tonnes de lisier à déverser ! Mais je
vais vous dire où. Devant le Kremlin où le dictateur Poutine affame
son peuple en bloquant les importations d'entrecôtes pour cause de
boycott. A la Bundestag qui nous expédie, à jet continu, leur merde
de volkswagen, d'audi et leurs carcasses de grosses laitières
fabriquées et élevées par une main d’œuvre de misère. Dans les
couloirs des rédactions des magazines féministes qui imposent à
leurs lectrices depuis des années, l'idée que bouffer de la viande
c'est mauvais pour tout et la culotte de cheval ! Alors certes
ceux qui cultivent la salade et font pousser des graines se frottent
les paluches, mais ils ont qu'à s'entendre avec les éleveurs pour
partager le pécule ainsi généré par ces toubibs et diététiciens
illuminés à la « mords-moi le bœuf ».
Alors
aujourd'hui attention, je marche sur des bœufs. Parce que, comme une
majorité silencieuse de travailleurs urbains, d'artisans et citoyens
en détresse sociale, j'ai été irrité par cette énième
jacquerie, ce défilé de tracteurs agressifs, flippants même et
pollueurs.
Cela
m'ennuie de voir dériver cette campagne que j'aime tant. Celle de
mon enfance. Ses odeurs de foin fraîchement coupé, ses rumeurs de
blés mûrs murmurant au vent sec d'un début d'été, ses
meuglements vespéraux quand le troupeau se rassemble autour du
point d'eau...
Lorsque
j'arpentais à pied, à vélo -mais hélas jamais à cheval- mes
chers coteaux tarnais, je ressentais tout ça intensément, je me
sentais profondément, viscéralement paysan. Et le suis resté.
Je
les admire et les envie ceux qui se lèvent tôt pour traire leurs
vaches, extraire leurs veaux et travailler dur pour le plaisir, comme on
milite, comme on défend une cause, une qualité de vie. Une vie tout
court. Ils n'ont jamais gagné des fortunes mes paysans à moi. Mais
ils n'ont jamais bloqué autre chose qu'une petite route sinueuse en
remontant au pas, leur remorque débordant -ou pas- de leurs
récoltes. Les miens ont même inventé l'expression « être
sur la paille ».
Bien
avant mes chères aubracs, les vaches je les connaissais toutes, les
belles normandes laitières, les limousines et les blondes
d'aquitaine. Maman en ramenait d'ailleurs quelques belles tranches à
la maison, car évidemment le boucher n'allait pas se servir en
Allemagne... C'était divin, car c'est toujours mieux de manger ce
qu'on aime, surtout si c'est votre jolie voisine !
Alors
certes, il y a mes paysans à moi, béret noir qu'ils n'enlèvent que
pour se coucher et se curent les dents avec l'opinel à tout faire.
Et puis il y a les agriculteurs. Les éleveurs. Ceux qui passent plus
de temps au bureau avec la calculette et en réunion syndicale que
dans l'étable. Ceux qui comptent leurs têtes de bétail par
centaines. Ceux qui roulent en gros matos Ford, Class ou Deutz (et
qui là, oublient de consommer français !). Ceux qui génèrent
des sommes indécentes dans l'agroalimentaire en important à tour de
bras...
Ce
monde agricole, qui depuis les années soixante nous casse les
oreilles avec l'Europe, la PAC et se gave de subventions pour tout et
n'importe quoi. Il fait chaud, on indemnise. Il pleut, on indemnise.
Il grêle, on indemnise. Il fait froid, on indemnise. Demandez donc à
l'ouvrier de Moselle, à l'artisan des Alpes, au restaurateur de
Toulon... si on le rembourse quand la météo et les affaires ne sont
pas bonnes ? Demandez aux chômeurs de partout...
Ce
monde agricole, nullement révolutionnaire mais totalement factieux,
qui prétend diriger le pays en éventrant des camions frigorifiques
et en brûlant des pneus (excellent pour l'environnement qu'ils sont censés défendre). Ce monde agricole consanguin qui prolifère dans
ce nord-ouest et dont il faudrait couper le nez de la Normandie à la
Vendée, avec ses cochons et ses bonnets rouges, pour le séparer du
pays comme une vulgaire Corse. Et encore, on constate combien il est
difficile de se débarrasser de la Corse ! Laquelle s'apprête à
exiger des indemnités folles, pour ses oliviers malades et dont elle
déclarera le triple de ce qu'elle possède. Ce monde agricole qui
croit que tout lui est dû sous prétexte qu'il est bien du pays et
critique sans cesse les fonctionnaires alors qu'il en a de plus en
plus la mentalité. Ce monde agricole qui incarne plus que jamais un
poujadisme détestable, une lutte sectaire, égoïste et cupide.
Droitière. Ce monde agricole qui se prend pour un autre et convoque
un ministre comme un vulgaire larbin et menace d'asphyxier le pays.
Ah
ben merde alors ! A quoi ça sert d'avoir choisi une armoire à
glace, un déménageur, une deuxième-ligne, un vrai paysan en somme,
à la tête du ministère de l'agriculture, si c'est pour se rendre à
la première injonction en baissant la crinière comme un vieux lion
édenté de cirque.
Moi,
si j'avais eu la carrure de Le Foll, en guise de négociation, je te
leur aurais tiré deux torgnoles aux types de la FNSEA, à commencer
par leur boss, le richissime, celui qui s'engraisse sur le dos de ses
camarades syndiqués. Et puis tous les autres pseudo-syndicalistes,
les roquets de la Manche et du Calvados.
C'est
qu'il nous emmerde à se tromper sans cesse de cible. Je suis
d'accord, y en a des tonnes de lisier à déverser ! Mais je
vais vous dire où. Devant le Kremlin où le dictateur Poutine affame
son peuple en bloquant les importations d'entrecôtes pour cause de
boycott. A la Bundestag qui nous expédie, à jet continu, leur merde
de volkswagen, d'audi et leurs carcasses de grosses laitières
fabriquées et élevées par une main d’œuvre de misère. Dans les
couloirs des rédactions des magazines féministes qui imposent à
leurs lectrices depuis des années, l'idée que bouffer de la viande
c'est mauvais pour tout et la culotte de cheval ! Alors certes
ceux qui cultivent la salade et font pousser des graines se frottent
les paluches, mais ils ont qu'à s'entendre avec les éleveurs pour
partager le pécule ainsi généré par ces toubibs et diététiciens
illuminés à la « mords-moi le bœuf ».
De
toute façon le problème de l'agriculture en France c'est qu'elle
attend tout des autres. Alors que la solution est dans sa poche. Il
lui suffit de mutualiser ses revenus. Si les géants de
l'agro-alimentaire, les céréaliers, les gros producteurs étaient
solidaires des petits, si chacun reversait une partie de ses énormes
profits dans un pot commun, on n'entendrait plus les agriculteurs se
plaindre qu'ils crèvent de faim. Si vous voulez, celui qui gagne
énormément dans la Beauce, aiderait celui qui peine terriblement
dans la Creuse !!! Chacun aurait son salaire minimum. Et
des millions de gens vivent en France avec le SMIC. Dans le monde, ce
sont des milliards de personnes qui se contenteraient ne serait-ce
que de la moitié, d'un bon steak tous les mois et de vivre à la
campagne.
Pourtant
ces milliards-là, ne convoquent pas les ministres et ne manifestent
pas les fourches à la main. Heureusement ! Car, à la FNSEA,
ils pourraient se faire du souci. Pour de bon...
Jaco
Awa,
c'est toi ?
Nous
assistions - mazette ! - à un dîner-jazz, rue de Charonne,
avec le trio d'un dénommé Ben Toury. Un fou furieux qui joue du
piano à l'envers et avale plusieurs kilomètres d'harmonica dans la
soirée. Je préfère quand même le soft-jazz façon New-Orléans et
les longs gémissements d'un saxo ou les cordes virtuoses d'un
Django, mais c'était quand même consistant.
Ce
qui me mit en arrêt, ce n'est pas le gentil minois du jeune Toury
-contrairement à la Marie-, c'est sur Awa que mon regard s'est figé.
Comme dans un rêve -et parfois un cauchemar les vendredis soirs de
mai par exemple- j'ai revu notre belle sénégalaise, ses petites
fossettes rieuses et cette ondulation de classe.
Elle
était là, tout près de nous, émouvante de ressemblance et de
souvenirs. Alors je n'ai pu résister. Je me suis levé, l'ai abordée
quitte à me faire écharper par un de ses condisciples sur les
dents. Je lui ai demandé si elle ne s'appelait pas Diop ou Fall.
Elle m'a dit non. Mais elle se prénommait bien Awa et venait aussi
de Dakar...
Encore
une sorte de miracle que Count Basie ou Dizzy Gillespie auraient pu
mettre en mélodie langoureuse...
mardi 21 juillet 2015
Chronique d'humour du 21 juillet 2015
C'est
fou ce que les cons sèment !
Allez,
pourquoi le cacher plus longtemps ? Au risque de provoquer une
enquête de la CAF au sujet de notre RSA, nous devons confesser notre
escapade parisienne. Trois jours, c'est pas l'Amérique, mais ça
revient quand même plus cher qu'une semaine en All Inclusive à
Vilnius. Marie me le faisait remarquer dans le métro, ligne 1, où
il y avait justement une pub pour la Moldavie... (la Lettonie
dites-vous ? Bon mais tout ça, c'est pareil *).
Vilnius, à part la Cathédrale Sainte-Anne et l'hôtel où la pauvre
Marie -pas la mienne, la petite Trintignant- a salement dérouillé
sous les coups d'un grand malade aux noirs désirs, je ne vois pas
bien quoi y faire d'autre que d'y prendre le frais.
Bon,
le frais ça manquait un peu, certes, mais là encore -dans le genre
pensée unique- ça nous a bien fait marrer. Il faisait bien chaud
certes, mais ça ne durait que quelques heures -sauf dans le métro
qui réalise de belles rétentions de chaleur- . Et dire que ces
snoc de clodos qui se plaignent toujours du froid, n'étaient même pas là
pour en profiter !
Ils étaient en vigilance canicule à Paris !
Mais après un petit coup de 38 vers 16 heures, il a vite fallu
remettre la petite laine, le lendemain matin, tandis que la terrible
sécheresse de trois semaines (!) allait bientôt se noyer sous
l'orage. Vu d'en-bas où l'on passe la moitié de l'année par 35
degrés le jour, 25 la nuit et quelques gouttes... de sueurs, cela
prête à rire. Mais on en connaît qui nous font régulièrement le
coup, un peu plus bas à l'ouest !
Passons,
Paris c'est beau et ça pourrait bien se passer des trognes de ces
couples qui se prennent un peu partout dans toutes les positions de
la Nation au Bois de Boulogne. Je veux parler des selfies. Parce que
s'il s'agissait encore de kamasutra, cela pourrait éveiller en nous
quelques ardeurs enfouies dans le désert de l'habitude. Mais que
nenni ! Elles et ils sourient avec leurs dents souvent pourries
au premier plan d'un monument qu'on reconnaît souvent à peine. Ils
ne sont pas toujours très beaux, leurs photos ne sont pas souvent
nettes et ils ont l'air très cons.
Moi
qui le suis aussi, je me demandais bien pourquoi ils tendaient ainsi
leur bras pour se rétrographier ? Vers quelle quête ?
Jusqu'au jour où, pour moins se contorsionner, se déformer les
incisives et révéler au monde entier l'abondance de leurs points
noirs sur le pif, ils adoptèrent la canne à selfie. Si, si, ça
existe ! Télescopique en plus. Vous la rangez dans le sac et
hop... quand ça vous pique ! Bien sûr vous avez l'air toujours
aussi con, mais pris de plus loin ! Le seul qui ne le soit
pas... con, c'est le sarcausiste (c'est ne nom que l'on donne
aux types dont la seule cause est de faire du pognon sur le dos -et en
l'occurrence sur la tête- des autres) qui a trouvé ce concept tout
bête, ridicule, lamentable même, mais... lucratif. Or en France
vous le savez, dans les banques, les églises, les rédactions aux
ordres des actionnaires, ce n'est pas ce qui est pur que l'on
vénère, c'est le saint-lucre.
J'avais
bien pigé le principe du selfie, pas vraiment de mon époque -mais
il ne me reste plus d'époque- et je venais d'avaler -en travers- le
coup de la canne qui me promettait une mauvaise digestion. Mais je
n'avais toujours pas saisi le début d'une explication au fait de se
prendre ainsi sans cesse en photo. Jusqu'à ce que surgisse
l'implacable vérité. La seule, l'incontournable, l'abominable
explication. Si nos jeunes portent tous cette prothèse phallique
pour les uns, ou cette fine barre qui semble démarrer de la chatte
pour les autres, c'est qu'ils appartiennent tous à la confrérie des
faces de bouc.
Les
assassins de la syntaxe, les bourreaux de la décence, les Klaus
Barbie de la Résistance, les camps de la mort de l'intelligence.
Ils
y sont tous. Ils y vont tous de leurs petits avis : « Je
suis aux Hales et j'ai trop la dalle ». « Ça chof
au Mc Do de la Défonce ». « Eva eta Dovil » « C
tro la chance. » « Moi je bos c été. Je suis blasé »
« Enzo tu fé qoi ce soir ? »...
Désol
jé pa pu attendre la réponse, je suis parti gerber...
Donc
ils partent pas en vacances les jeunes parisiens, ils ont pas de
sous, ils sont chômeurs parfois, étudiants souvent, mais ils ont
tous leur iPhone, cette pomme de merde dans laquelle sévit un énorme
ver qui suçote leur petite cervelle...
On
va encore me dire que ça ne sert à rien de râler après tout cela,
qu'il est trop tard pour sauver ces gamins qui foncent vers les abîmes
en audi et volkswagen, un coca dans le nez, un Mc Do dans le cul,
Madilyn Baylet et Maître Gims dans les oreilles en croyant écouter
de la musique...
Ce
n'est pas faux, mais alors j'aimerais connaître les parents qui nous
ont fabriqué cette génération... Je les like tellement que je me
prendrais bien en selfie avec eux !
Jaco
![]() | |
lundi 13 juillet 2015
Chronique d'humeur du 13 juillet
Quand
l'audience n'est plus dopée
Il
faut bien que de temps à autres le PAF se prenne une bonne baffe. Un
bourre-pif. C'est évidemment avec un réel plaisir que j'ai appris
l'arrêt quasi immédiat de Toque-Chef, ou de Master-Chef ou de
Big-Chef ou Derechef. Enfin c'est sur TF1 et si ça peut faire
pareil avec M6, ce ne sera que mieux. Qu'on leur claque le beignet
une bonne fois pour toutes. Et une mauvaise foi aussi...
Voici
des années, j'ai l'impression qu'il s'agit de siècles, que la télé
du peuple, la télé jetable, la télé poubelle, tire sur la
ficelle de l'andouillette pour tenter de se les faire en or. D'autant
qu'il n'y a guère plus facile que la ménagère -de plus ou moins
cinquante ans- pour gober toutes ces recettes sophistiquées, ces
artifices culinaires qui leur donnent l'impression, demain, de
pouvoir réaliser des plats de folie, alors qu'elles continueront en
réalité à ne pas savoir faire cuire correctement de simples pâtes
au beurre.
Il
faut dire que la simplicité, les choses authentiques venant du cœur,
sortant de la terre, ce n'est pas ce qui fait vendre, ni capte
l'attention de millions de gogos. Sauf que celles-là, à force de
jeter leur terrine de lapereau aux jeunes pousses de cardes à la
gelée de romarin et espuma de petits pignons grillés ,
finissent par se lasser des œillades de Lignac, des saillies viriles
d'Echtebeste ou du faux naturel de Candeborde... C'est que le
lapereau ça pèse dans le budget de la mégère. Surtout pour finir
à la poubelle !
En
réalité, que vous ayez fait dix ans d'école hôtelière ou que
vous ayez passé l'éternité à dévorer des yeux des étoilés
faire leur numéro à la téloche, si vous êtes une buse derrière
le fourneau, vous le resterez. C'est pas la peine de vous lever
bonne-heure pour acheter un dos de bar à la criée de Boulogne, ou
cent grammes de truffes au marché de Sarlat, si vous regardez ces
télés avariées, votre sauce va immanquablement tourner.
On
m'a dit que pour remplacer Machin Chef, TF1 a rediffusé une série,
la quatrième de la semaine : cela a doublé l'audience et
permis de vendre à audi -la voiture qui mérite bien ses « 0000 »-
un max de spots publicitaires. Car la ménagère est revenue en
courant. C'est qu'un acteur de nanar américain c'est plus
frissonnant que l'autre tête de nœud qui fait le mariole dans sa
veste blanche et son col tricolore.
Tous
les mois ou presque je viens ici pousser mon coup de gueule contre
cette télé dégradante qui mange le peu de cerveau encore intact et
nous prépare quelques belles générations de moutons -et encore,
les moutons vont finir par m'intenter un procès en diffamation! -
Parfois, il nous arrive quelques belles choses sur Arte et la Cinq
(c'est pour ça qu'elles franchissent rarement la barre du million,
mais heureusement ce n'est pas l'objectif assigné). Mais également
sur France 3. Je ne parle pas de Pernoud qu'il serait temps de jeter
à l'eau -avec deux glaçons- ni de quelques horreurs sur lesquelles
j'éviterai de m'attarder afin de ne pas faire de peine à mes braves
parents.
Lundi
dernier, en parlant de brave, c'était Poulidor. En pleine actualité. Non que « Poupou »
ait décidé de remonter sur sa bicyclette. Encore que pour
satisfaire ses fans, il en serait bien capable. Mais pas de gagner le
Tour. Il y a quarante ans (je veux pas vous affoler mais cela fait
bien quarante ans qu'il a cessé de nous épater) il arrivait à
Paris avec une poignée de secondes, au pire deux minutes de retard
sur des types déjà chargés comme des bourriques. Mais aujourd'hui,
derrière les Froome, Pinault, Contador et consorts, c'est le
surlendemain qu'il entrerait sur les Champs-Elysées, depuis
longtemps rendus à la circulation publique. C'est vous dire si ce
serait dangereux pour lui de courir encore de nos jours !
J'aimais
Poupou parce que je me sentais proche de lui. C'était un paysan de
la Creuse. C'est dire s'il avait une propension à s'enfoncer !
Il rasait les murs de crainte qu'on l'étreigne et le congratule. Il
pédalait parce que ça lui plaisait. Il aimait souffrir sur un vélo
-nul n'est parfait- et le soir il ne la ramenait pas dans le "20
heures". Il reste un symbole, largement battu en brèche certes, mais
encore présent. La démonstration que l'on peut ne pas être prêt à
tout pour gagner ; que l'on peut rester intègre, probe,
propre ; que l'on peut arriver second, ne jamais porter le
maillot jaune dans un sport où c'est le seul objet et rester le
plus populaire... Dans le sens noble, mais galvaudé, voire disparu,
du terme qu'il faut remplacer par populiste ou populeux.
Désormais,
quel que soit son domaine, on vous fait d'un sportif fatalement dopé,
un héros antique et on cultive le chauvinisme franco-français
à longueur d'antenne. On vous plante une potiche en talons aiguilles
sur la boue d'un terrain de rugby, sous prétexte que les ménagères
-tiens ! encore elles- fantasment plus sur les culs sur-hormonés
d'une mêlée que sur les coiffures qui servent de tête aux
footeux...
J'enrage
lorsque je me souviens des récits que me faisait un ancien collègue
féru de vélo. Jacques Anquetil, Raphaël Géminiani et Lucien Aimar
se bidonnaient toujours, plusieurs décennies plus tard, des coups
tordus qu'ils avaient naguère échafaudé pour empêcher notre cher
Raymond de gagner son tour de France. Au lieu d'aider à la
consécration d'un sportif exemplaire dans tous les sens du terme,
ils le moquèrent, l'humilièrent. Sans jamais le détruire, parce
que sans maillot jaune, sans victoire et finalement sans trop de
pognon, on vit beaucoup mieux que sans honneur, ni conscience.
Lundi
soir, sur la « trois », Poulidor a fait à peine plus
d'un million de téléspectateurs. Sans dopage, difficile de
franchir les sommets de l'audience en tête.
lundi 6 juillet 2015
Chronique d'humeur du 6 juillet
Charlie
au patrimoine de l'humanité
C'est
un proche que j'aime, qui m'envoyait en réponse au dernier blog de
Jaco, un commentaire acide a propos du dessin que je publie chaque
semaine pour rappeler à ceux qui ont défilé le 11 janvier sous la
bannière « Je suis Charlie » qu'il faut le rester.
Notamment en achetant le journal satirique tous les mercredis.
François
converti à l'écologie ? Faux ! disait Coco dans une bulle
(pour le pape c'est bien le moins) sortant de son ventre bedonnant :
« il bouffe du nutella en cachette !». Mon proche que
j'aime raillait ainsi les « survivants » de Charlie en
ironisant sur leur « courage ».
Il
se faisait alors le porte-parole -bien peu autorisé au demeurant- de
Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, s'inquiétant d'un peu de
mollesse du crayon, d'une sagesse qui colle mal avec la témérité
qui les a conduits tout droit dans les bras d'Allah et toute la
clique. Ce n'est pas très glorieux comme mise en boite, mais ce
n'est toutefois pas faux non plus. A ma modeste place, tout en bas,
je me suis posé les mêmes questions. Dois-je encore dessiner une
régate toulonnaise (course de voiles sur le cours Lafayette ) ?
Ce
d'autant mieux que dans un esprit de sacrifice qui me sied bien,
presque suicidaire, dans un élan d'émotion -aussi- et la continuité
de mes convictions, j'ai proposé mes services à Riss et Gérard
Briard pour tenter d'instiller mon humble plume, ma témérité et ma
causticité à ce canard passablement... déplumé. Oh, attention !
ceux qui me connaissent le mieux savent que je ne me sens nullement à
la hauteur -ni de vue, ni d'esprit- de ces experts aguerris ;
le plus souvent brillantissimes. Et que ce n'est certainement pas
depuis que je me suis mis à griffonner les beaufs de Cabu, de façon
merdique et par trop bâclé, que je peux prétendre devenir un
martyr à la Charlie. Du reste ses dirigeants n'ont pas même pris le
soin de me répondre, trop occupés qu'ils sont à se déchirer, à
se disputer comme des … charbonniers. La foi en moins.
Enfin,
ils m'ont sauvé la vie ! Merci.
Cependant,
sans doute ne disposant pas des mêmes facultés d'analyse et de
l'expertise qui me permettraient de juger de la pression contenue
dans les couilles de Catherine, Riss, Luz, Juin, Follz et les autres,
je persiste à dévorer Charlie avec la même soif d'apprendre, de
rire et de rester solidaire d'un monde qui est totalement le mien.
J'y vois de la lumière lorsque Philippe Lançon me raconte, semaine
après semaine, comment il sort de cette nuit qui s'est abattue sur
lui en pleine clarté le 7 janvier ; j'y fais ma cure d'humanité
dans les longues nuits de garde de Patrick Pelloux ; le plein
d'infos -que nous sommes trop peu à partager- avec El Rhazoui,
Camus, Léger, Fischetti... Cela ne nous fera pas revenir Tonton
Bernard et on ne s'en consolera jamais. Pourtant, ils sont là, ils
alimentent, vaille que vaille, la flamme. Je les aime.
Vois-tu,
mon proche que j'aime aussi, les trois euros qui me coûtent tant par
rapport à tant d'autres, je les craque avec fierté pour soutenir
ces derniers plumitifs indignés qui font, à une poignée, le job
pour des millions de porcs qui ne pensent qu'à leur petite audi,
leur petite assurance-vie, leur petit trou du cul... Lisez-le donc
Charlie et révoltez-vous, même gavés et revenus de tout, avec
Briard qui va à la manivelle tous les mercredis pour freiner -sans
en avoir une parcelle de ce pouvoir, ni la moindre illusion- ces
multinationales orgiaques qui affament les peuples et leur vomissent
dessus.
Ces
Apple, McDo, Facebook, Wolksvagen que tous nos petits cons (devenus
d'ailleurs grands!) engraissent sans l'once d'une conscience humaine.
Ces boites gigantesques dont la valeur boursière dépasse le PIB de
pays tels que la Suisse, la Suède sur lesquels on n'est pourtant pas
enclins à pleurer tout de suite. Briard y racontait à quel point
Merkel se retrouverait dans la moussakaka jusqu'au cou, si ses industriels
automobiles et manufacturiers choisissaient d'aller se faire la
main d'oeuvre pas chère chez les Ouzbeks ou d'aller même se faire
voir chez les Grecs... Passionnant. Fantasmant même...
Ce
ne sont évidemment pas trois journalistes courageux qu'il faudrait
pour sauver la Grèce et la civilisation qu'elle inspira. Ce sont des
humanistes, des penseurs -d'Epicure à Pétrarque, de Descartes à
Marx jusqu'à Enrico Macias (non je déconne!)- mais aussi des hommes
d'état qui viendraient soigner notre société totalement bancale, quitte à
s'inspirer parfois de Mirabeau et Danton. Je donnerais bien ma tête
pour le plaisir de voir tomber -avant si c'est possible- celles
d'Arnault, Bézos, Zuckerberg et sans ostracisme aucun, quelques
milliers d'autres dont les fortunes renfloueraient non seulement les
Grecs (à qui on apprendrait au passage à payer leurs impôts) mais
le reste du monde. Ah ! si seulement les terroristes ne se
trompaient pas de cible !
Alors
voilà, très vite, Charlie c'est ça. Il résiste encore. Il ne tire
plus la barbe des abrutis sans foi ni loi qui terrorisent le monde.
Parce que c'est dangereux, certes, que cela ne sert à rien et qu'ils
ne veulent surtout pas participer à cette croisade anti-musulmane, ce mal profond qui ronge les derniers os de la société
française.
Tu
trouves, mon proche que j'aime, plus courageux de faire circuler ces mails anonymes dénonçant
l'inconsistance d'Hollande, ces redoutables ministres
indépendantistes (Taubira) ou islamistes (Valaud-Belkacem). Tu nous
dis qu'on n'a pas le monopole de l'intelligence. D'ailleurs tu
fais peut-être partie de ceux qui s'impatientent du retour du brillant Sarkozy.
Je crains que tu n'aies raison ! Car c'est bien ça la France...
dimanche 5 juillet 2015
Je
me souviens, il va y avoir trente ans, j'avais écrit dans ce journal
où je me sentais si bien, dans un rugby à taille humaine (je veux
dire musculairement et financièrement) et qui plus est à Hyères,
celui de Véran -ne pas confondre-, j'avais écrit un joli papier :
« Etienne Bouquet va bien, il vit à Collobrières ». Je
connaissais encore mal Nicole, ma collègue d'écriture et de cuisine
(rien que ça !), qui allait former avec mon cher Etienne, un
vrai couple d'amis.
Entre
1986 et 2009 j'y ai traîné ma famille, mes potes pour leur faire
découvrir ce petit coin de rien de tout. Gigantesque de
convivialité, de saveurs, de valeurs. On vénérait les Maures... autant que les vivants. Souvent on arrivait d'ailleurs de Notre Dame des Anges, perchée au paradis, histoire de se faire beaucoup pardonner de ce rendez-vous chez Epicure. On y a passé des soirées
épiques où on finissait toujours par voir la vie en rose et même
en rosé...
Je
me souviens aussi d'une interview tardive de Michel Malinowsky, le
navigateur célèbre pour avoir perdu la route du Rhum de 98
secondes, après avoir fait la course en tête et avoir vu revenir
sur lui cet « enfoiré » de Mike Birch. Michel ne s'en
était jamais bien remis et c'était auto-psychanalysé dans un joli
bouquin « Seule la victoire est joli ». Henri Allongue
qui avait navigué en sa compagnie s'était lié d'amitié et c'est à
l'initiative d'Etienne que nous avions partagé ce merveilleux
moment . Je me souviens être rentré entre Collo et Toulon, non
pas à la voile mais... au radar !
Voilà
et puis le temps a passé. J'ai moi-même tenté l'aventure. Non pas
de la Route du Rhum, mais de la restauration. Et sans arriver à la
cheville de la Petite Fontaine, je me suis inspiré de l'esprit de ce
lieu magique. Ma fontaine à moi ne déborda jamais ! Pourtant, si
c'était à refaire...
Et
voilà c'est tout. Dimanche je me suis décidé à retrouver ce coin
de référence de ma vie d'homme j'allais dire ordinaire, avec
peut-être un petit supplément d'âme et de loyauté. Rien n'a
vraiment changé. Julien, qui mène la troupe d'une demi-douzaine de
serveuses, a bien grandi. Il est magnifique comme dirait sa mère.
Nicole, justement, qui a quitté ses marmites mais poursuit sa carrière
d'artiste et de théâtre, ne fait plus que de brèves apparitions
pour venir embrasser ceux qu'elle aime. Pour Etienne c'est un peu
plus compliqué, parce que sa vie est là. Il ne peut guère se
passer de ce lieu qui est son phare à lui. Il y reçoit tout au long
de l'année des milliers de gens qui ont identifié Collobrières à
ce personnage robuste, entier et délicieusement nature. Et la Petite
Fontaine pourrait-elle se passer d'Etienne ?
Alors
ils sont crevés nos potes. Je sais l'incroyable défi qu'ils
relèvent depuis l'éternité. Et c'est à la fois un déchirement
d'imaginer qu'ils partent et une exigence que de rêver qu'ils
prennent, eux aussi, le large. Sous l'air léger des alizés...
Hissez haut, hasta luego amigos...
Inscription à :
Articles (Atom)


























