lundi 11 mai 2015

Chronique d'humour du 11 mai 2015

Encore une révolution manquée !




CEUX qui envisageaient que la victoire de Syriza en Grèce et les bons sondages de Podémos en Espagne préfiguraient, peut-être, d'un grand mouvement social susceptible de débarrasser l'Europe de la chape de plomb libérale, de l'insolence du capital, de l'indécence des possédants et de l'omnipotence de la finance, se sont fourré le bras dans l'œil. Oui, je sais, on dit le doigt, mais ça ne m'a pas semblé assez gros.

Ainsi, après les sympathiques Teutons qui ont donné carte blanche à Mistress Angela pour leur asséner encore coups de fouets et autres subtiles tortures, ce sont ces incredibles Tommies qui viennent d'en reprendre pour cinq avec cette grande sausage de Cameron, nourri au sein de fer et au lait -avec conservateurs- de la sorcière Maggie.

On aurait pourtant pu penser -et légitimement espérer- que les gouvernants qui traitaient le plus mal leurs ressortissants avec des  mini-jobs en Allemagne et des contrats zero hour  en Angleterre, seraient éjectés par une révolte d'autant moins éreintante et salissante, qu'elle passait démocratiquement par les urnes.

On ne peut même pas taxer ces électeurs de manquer de burnes ! Non c'est que se faire marcher sur la gueule par des pompes en croco, ça leur plait. Quelques jeux à la télé, un peu de foot et un fish and chips ou une choucroute de temps à autres et la vie est belle...

Vous me direz que je devrais peut-être balayer devant chez nous. Car trois ans après avoir accompli un miracle électoral, la France s'apprête à replonger dans les délices du libéralisme décomplexé et de la politique du serre zizi système à trique. On n'ose imaginer et il est trop tôt pour savoir si elle se choisira encore un voyou maîtrisant difficilement la syntaxe. Mais, ce sera -inévitablement- un grand donneur de leçon, expliquant qu'il faut travailler plus, beaucoup plus, mais aussi bien plus longtemps. Bref, un monsieur plus conservateur (tu meurs) ça, on n'y échappera pas. A part évidemment de sombrer dans la Marinemelade, auquel cas, celle- là, elle ne devrait pas nous le serrer mais... nous le couper. Le sifflet !

Mais, trêve de billevesées -selon l'expression chère à son brave papa-, je n'arrive pas vraiment à saisir la portée sociologique du choix des électeurs européens -dont je me moque un peu quand même- mais surtout hexagonaux.

Pourquoi, les héritiers de Rabelais, Voltaire et Hugo, issus de ce peuple génétiquement indépendant et philosophiquement évolué, sont-ils toujours aussi prompts à se soumettre à ces politiques de boutiquiers, de profiteurs, magouilleurs, qui ne pensent qu'au pognon ? Dont le seul idéal est de ne surtout pas le partager ?

Vous me suggérerez qu'il s'agit du syndrome de Stockholm. Je vous rétorquerai qu'en Suède, malgré tout, le libéralisme reste sous haute surveillance. Non mais sans rire, notre peuple aime ses bourreaux. Délibérément ! Et ceux qui veulent nous faire rester plus longtemps au bureau ou à l'usine, travailler jusqu'à la mort alors qu'a vingt ans, du boulot y en a guère et qu'à cinquante, y en a plus !!! c'est du grand art, un raffinement de torture. Parce que finalement, qui est-ce qui nous l'a piqué notre boulot ?

Si l'on écoute les libéraux purs et durs qui se drapent désormais sous la bannière des Républicains (il y aurait donc plusieurs Républiques ?), le chômage ce sont les socialos et Flamby. On va donc juste revoir les chiffres c'est quand même mieux qu'un titre assassin dans le Figaro ou Valeurs Actuelles. En avril 2008 il y a 1 996 000 demandeurs d’emploi « officiels » mais déjà près de cinq millions de précaires. Et en avril 2012 ils se « hissent » à 2 893 000. Soit une augmentation de 897 000 chômeurs. Alors que, comme cela a été démontré, tous les complices de ce régime scélérat, ces types en gros 4 X 4 allemands, ceux en Breitling, en yachting et en briefing (au Fouquet's) ont attendu les élections présidentielles avant de mettre à la porte des milliers de salariés. Dans le seul but d'épargner le président sortant et de plomber le socialo, si par malheur, il venait à « passer ».

Or depuis mars nous culminons à 3 510 000. Soit 617 000 en trois ans ! On voit par là que les glorieux résultats du précédent quinquennat autorisent peu leurs auteurs à dispenser la moindre leçon.

Il faut même être passablement gonflé pour afficher tant de morgue et de mépris lorsqu'on a porté en cinq petites années le déficit de la France à 25 %. Il s'agit certes d'un exploit toute catégorie, d'un titre mondial... mais personne ne nous l'envie. Et depuis, combien de sacrifices imposés pour éponger la note du monstrueux dépensier ? Car là, il ne s'agit pas d'une dette de campagne. Une souscription, n'y suffirait pas...

Non, pour en revenir à ces ressentiments sociologiques et aux pressentiments électoraux, c'est que les peuples et le nôtre (peut-être plus qu'un autre) aiment qu'on les écrase, qu'on les humilie. Un dirlo, un toubib, un bavard qui gagnent dix fois plus qu'eux, ils l'admirent. Si le type se contentait de toucher simplement ce dont il a besoin, ils le mépriseraient. Un footballeur qui encaisse des fortunes pour marquer un but -les bons soirs- ils l'adulent. Un acteur d'une série américaine sur lequel leurs femmes se caressent discrètement, ils l'engraissent.

Les peuples sont laids, laissons-les...

Jaco


Chanter sous l'occupation nazie

Ce milieu de printemps est toujours d'intense activité pour ceux qui s'emploient à maintenir intact le souvenir des heures tristes et parfois plus heureuses de la dernière guerre mondiale et de son dénouement. Nos amis de l'ANACR, Gérard (Estragon et Martin) que l'on voit ici entourant M. Vialatel -ancien résistant- lors de la journée de la déportation, s'investissent aussi dans l'organisation d'un spectacle baptisé Lily Marlène – Chanter sous l'occupation. Avec pour sous-titre « La Chanson témoin de son époque ».

Le Comité de Toulon de l'ANACR a invité M. Martin Penet, historien de la chanson et spécialiste de cette époque. Il vous aidera sans doute et entre autres à y voir plus clair et peut-être à vous faire une opinion, dans l'éternelle question de la soumission, de la compromission, parfois de la collaboration des chanteurs français à l'époque de Vichy et de la Gestapo. Mais vous aurez aussi confirmation que tout n'était pas forcément noir, ni d'ailleurs tout blanc.

Mardi 2 juin à 17 heures au Théâtre le Comédia (10 rue Orves à Toulon): conférence, projection et débat.





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