lundi 23 mars 2015

Chronique d'humour du 23 mars 2015



 
            Du rugby au whisky         



JE viens de me remettre au rugby. Au bout de six ans. Un peu obligé ! Enfin... obligé, faut voir. Ceux qui me connaissent bien, ou même un peu, savent que moi, les obligations , je m'assois dessus. Les seules que je connaisse sont, le respect, l'humanité et l'intégrité. Je pourrais rajouter la gentillesse, parce que cela recoupe un peu tout ça, mais j'ai fini par rencontrer tellement de « gentils » qui sont en réalité d'authentiques faux-culs (parfois des vrais aussi) que j'hésite à m'en prévaloir. Ça me casse d'autant plus les burnes que la gentillesse, la vraie, celle qui consiste à regarder l'autre avec indulgence, franchise et chaleur, est sans doute la principale valeur. LA valeur, grâce à laquelle évidemment on serait épargné par Al Quaïda, les anti-mariage pour tous, les mafias, le FN, facebook, les dealers de drogue, de voitures allemandes et j'en oublie forcément...

Ces valeurs, avec quelques nuances, je les ai retrouvées samedi après-midi devant mon poste, juste avant que je pique un peu du nez, pour récupérer de mon éprouvante soirée chez les Négri, d'Electrika, dans leur nouvel écrin de Tourris...

Ils donnaient à la télé Ecosse – Irlande. J'écris « ils donnaient » par goût et nostalgie. Ça me rappelle mes grands-mères juste avant la couleur, lorsqu'elles m'annonçaient, avec un léger trémolo dans la voie : « ce soir, pitiou, ils donnent la piste aux étoiles... »

Ma piste aux étoiles à moi, c'est donc une image de Murrayfield. Le Flower of Scotland, les notes aigrelettes d'une cornemuse s'évaporant dans le gris flamboyant et se mêlant aux parfums de houblon qui lèchent Edimbourg majestueuse et sobre ; le visage rubicond illuminé des vieux Scottishes sortis de leur clan, en tenue de gala, nus sous leurs jupes plissées, dans la froidure d'un printemps bredouillant.


Il est vrai que j'en ai tant connus, de ces samedis blafards resplendissant en feux de bingale, en sourire de filles généreuses d'apparence mais, au final, de sagesses excessives, en clameurs d'ivresses et d'espérances, toujours consommées mais rarement exaucées. Ils s'appelaient McLauchlan, Irvine, Jeffrey, Hastings, Chalmers, Townsend et pratiquaient un rugby de poètes, de bohème comme disait le grand Lalanne. Mais vaillants. Toujours. Prêts au sacrifice. A la mort. Ils mouraient souvent. Et ça na pas changé. Ils mangent encore leur chapeau et le Tournoi à la cuillère de bois. Plus que de raison. Mais vous étonnerais-je en vous confiant que ce sont ces vaincus que j'aime ? Parce que jamais ils n'égarent leur âme au-delà des brumes des Highlands. On les prétend avares, les Scottishes ! Moi je les crois plus généreux que n'importe qui.

Non, décidément j'ai eu beaucoup de chance. Qu'un journal aussi piètre que ce qu'il est devenu, me confie dans les deux dernières décennies du XXe, le privilège de conter le rugby, de le chanter et parfois même de l'enchanter. De beaux voyages, de grands hôtels, des soirées oubliées au whisky, mais d'abord de sublimes moments lorsque tout un stade se range d'une seule voix derrière une seule voie : celle d'une nation fière, unie, souveraine.

 J'évoque ce temps derrière lequel j'ai cessé de courir. En moins de vingt ans, on a vidé le rugby de toute sa substance humaine. Et ces joueurs magnifiques de caractère, d'altruisme de simplicité, se sont effacés derrière un seul et même homme : le mercenaire. Les affairistes plus ou moins nets, se sont jetés sur les clubs -surtout ceux qui rapportent- et le rugby français, plus que les autres, bien plus que les autres, a perdu son latin. Son âme et son intégrité. Et voici comment « grâce » à cette sombre course à l'armement nous ne sommes même plus foutus d'aligner un XV Français dans le Tournoi...

Sans crampons (à 57 ans quand même !) mais en pantoufles, je viens de me remettre au rugby. Mais au rugby d'antan, au rugby d'autan en emporte le vent. Au vrai, au seul. Au rugby éternel... Parce qu'on ne renonce jamais à son enfance. Que certaines amitiés, je dirais même fraternités, ont été plus fortes. Et que, y a pas de honte à ça, j'ai un peu faim ! Alors avec les gamins du Beausset, les seniors de Draguignan et les purs de La Londe, je vais me le refaire mon rugby à moi. En petit Comité...
Jaco

Un coup de chapeau à l'une de nos lectrices. Eve Brezet, maire de Recoules d'Aubrac a été élue Conseiller général du canton de Nasbinals. Elle se présentait en binôme avec Alain Astruc, le maire Aumont Aubrac. Victoire comme on ne peut en voir que là-haut avec 73,49 % des voix !
 
Marco : Savannah, Hyères et même facebook
 
Tiens, un petit coup de main (et une coupe à la main) à mon ami Marco Archippe. Non content d'avoir essayé de m'aider à construire mon buron, il m'a même aidé à vendre mon beau restaurant. Pour une poignée de figues certes, mais on m'assure que ça ne valait pas mieux... ce qui n'est pas sympa pour le travail accompli à Aubrac sur Mer, cinq ans durant !

Alors je lui dois bien ça ! Non je déconne, parce que c'est ici toujours le coeur qui parle, le reste...
Voici donc le énième bouquin d'un talonneur toulonnais qui, exceptionnellement, a appris à lire et à écrire. Sacré Marco ! je crois qu'il va encore nous envoyer aux quatre coins des States où il a pris ses aises, le salopard, dans un monde à part où il tente lui même de se reconstruire en s'appuyant sur la Généalogie d'un Fantôme (ce qui doit représenter, en travail, une belle somme) et le Monde plat de Rosemary Sheffield (qui n'aurait donc pas besoin de soutien-gorge, mais qui en réalité ne l'est pas, plat !) Passons.

Voici le dernier de la trilogie (promis ?) : Savannah palissades. Au départ j'ai cru que ça se situait à Cuba, mais j'ai confondu avec les cigares. En réalité c'est en Géorgie, au Sud Est des Etats-Unis, une sorte de Toulon, avec son port, son soleil et sans doute aussi sa détresse. Mais je ne l'ai pas encore lu, il me reste quelque espoir...

Allez, je ne vous en dit pas plus. Si ce n'est que je me demande qu'est-ce que mon Marco fait chez cet abominable éditeur. Et qu'est-ce qu'il va se compromettre sur cette connerie de Facebook ? Sauf que, pour ce dernier,  j'en suis de plus en plus réduit à la même damnation. Mais quel monde vivons nous, mes aïeux, quel monde ?

Marco sera au salon du Livre de Hyères (entre autre) les 11 et 12 avril. Il y présentera donc Savannah palissades – Ed Les Presses du Midi

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